C’est avec un peu de retard, que je vous livre cette chronique sur le deuxième album des Crystal Castles. Ce duo canadien mixte, composé d’Ethan Kath et de la charismatique Alice Glass, étonne autant qu’il détonne.
Pas facile de mettre des mots sur une musique inqualifiable. Pourtant je ne peux pas passer à côté de cette oeuvre qu’est le second album des Crystal Castles. A musique atypique, chronique atypique, totalement subjective, qui n’engage que moi, c’est à vous d’expérimenter par la suite cette folie sonore.
Cette musique à la base composée grâce à un clavier modifié, auquel a été rajouté une puce d’une Atari 5200, vieille console de jeux datant des années 80, mélange distorsion, saturation, superposition de voix et beats ravageurs. C’est ici que s’arrête l’analyse technique de la musique des Crystal Castles, car cette musique il faut la vivre, sans s’arrêter aux apparences brutales.
Tard dans la nuit et dans le noir, cette musique androgyne vient s’ancrer en vous. Une fois que la voix d’Alice Glass a pénétré dans votre tête elle n’en sort plus, et résonne sans cesse. Ces sons, cette voix vous habite, troublés, troublants, ils sont à la fois l’expression sonore de rêves et de cauchemars.
Les courts silences entre chaque morceaux semblent être des bouffées d’oxygène, qui lorsqu’elles prennent fin vous replonge plus profondémment dans la musique des Crystal Castles. Au programme, frissons, transe, tout cela sous l’égide d’Alice Glass, icone 2.0, héroïne moderne de jeunes gens perturbés, en quête de sensations uniques. Elle pousse ces cris parfois d’amour, souvent de désespoir et de tourments. Une souffrance inhérente à la musique des deux canadiens.
Pendant qu’Alice vous berce et vous transporte, Ethan en profite pour vous asséner de violents coups de poing, enchaînant uppercuts et coups droits, ses beats vous percutent sans que vous ayez le temps de les esquiver. Ils viennent s’incruster dans votre cerveau et rebondissent sans cesse.
Les synthétiseurs omniprésents vous font miroiter un sauvetage, une porte de sortie vers une lumière illusoire mais lorsque le gong final résonne à la fin du 14ème round, ils vous laissent K.O., inerte, et vous plongent dans une ambiance asphyxiante, peut-être glauque pour certains.
Génies ou calculateurs rois du marketing? Oeuvre d’art électro-punk ou vulgaires bruits insupportables? Chacun son avis, mais dans tous les cas vous ne pourrez demeurer indifférent à l’écoute de ce groupe canadien à la musique incomparable.
Quant à moi je l’assimile à une drogue dure, qui vous emmène dans un trip, une transe indescriptible, et cela uniquement grâce à des sons. Derrière ceux-ci il y a beaucoup plus, il y a deux artistes, introvertis, tourmentés, surement fous comme nous tous d’ailleurs. Cette musique étant l’expression la plus pure de leurs émotions, de leurs sentiments. Avec les Crystal Castles, votre nouveau dealer s’appelle la Fnac ou encore iTunes.












Dimanche 13 février 2011 - 01:14
oui