Quelques minutes après être montés sur la Grande Scène des Eurockéennes de Belfort afin d’y faire leurs « balances » et avant d’y retourner pour un concert très attendu, Jonathan Pierce, jeune blondinet, chanteur charismatique des Drums ainsi que Connor Hanwick, « drummer » (batteur) des Drums nous (Lola & I) rejoignent au bord de l’eau entourant la presqu’île du Malsaucy pour une rencontre de quelques minutes. Souriants, chaleureux, on les sent à l’aise dans le périlleux exercice qu’est une interview, tout autant que dans le shooting photos qui précède celle-ci, et durant lequel ils multiplieront les poses sans qu’on leur demande.

Music For Your Mind: Pour commencer, j’aimerais savoir comment vous êtes vous retrouvés sur la compilation Kitsuné Maison 8 ?
Jonathan Pierce (The Drums): Cela s’est fait tout simplement, ils nous ont juste contacté car ils voulaient que l’on figure dessus, et puis on a rencontré le directeur du label la dernière fois que nous sommes allés à Paris, Gildas je crois (ndlr : Gildas Loaec, un des créateurs de Kitsuné qui s’occupe du label), toujours habillé de manière très classe, il est très sympa…
Connor Hanwick (The Drums): On connaissait déjà un peu, on avait entendu quelques extraits des précédentes compilations, avec pleins de bons artistes, et on adore aussi leur ligne de vêtements.
MFYM : Pour en venir à votre musique, on peut dire qu’elle ne laisse personne indifférent, je dirais même qu’elle divise, on trouve d’un côté un public nombreux qui adore ce que vous faites, une partie de la presse qui vous qualifie de groupe « hype » (branché), et puis de l’autre quelques spectateurs et journalistes vous reprochant de ne rien amener de nouveau, de copier uniquement ce qu’ont fait auparavant des groupes comme The Smiths ou les Beach Boys, que pensez vous de cela, comment le ressentez-vous ?
J. : Je pense que l’on n’a pas envie de perdre du temps à écouter ce que les gens disent sur nous, car quand tu commences à écouter ce que l’on dit sur toi, tu es influencé par ce que les gens disent, et cela peut souvent être de manière négative, donc on préfère rester dans notre bulle, dans notre monde… Après c’est sûr qu’on est humain et que l’on entend des choses par ci par là mais on essaye vraiment de rester concentrer sur ce que l’on fait et sur ce que nous sommes. Nous sommes conscients que nous ne faisons pas quelque chose de nouveau, d’original, nous n’avons jamais voulu cela, et on revendique cet aspect de notre musique…
C. : Oui, tout à fait, c’est notre vision de la musique, on sait ce qu’on veut faire, et on le fait, on ne cherche pas à plaire, on ne prête pas attention aux jugements que l’on nous porte, et malgré ça on a dû faire plus de 50 concerts en deux mois à New York l’été dernier avec des salles remplies, il y a même des gens qui revenaient plusieurs fois, le public était vraiment super sympa!
MFYM : Dans les paroles de vos chansons on trouve une certaine naïveté, pas mal d’innocence et de simplicité… Je suppose que c’est volontaire, donc pourquoi cette manière d’écrire, est-ce directement lié à l’essence d’une « Pop Song » ?
J. : J’écris toutes les paroles de nos chansons, et la grande majorité des chansons qui m’ont vraiment marqué ont toutes des paroles simples, je pense qu’en effet c’est un des aspects d’une « pop song » même si il en existe des plus complexes et plus réfléchies, pour te donner un très bon exemple, une chanson qui est extrêmement simple au niveau des paroles, mais néanmoins super « puissante « et expressive, c’est « I Will Always Love You » de Dolly Parton qui a été ensuite reprise par Whitney Houston, c’est le « pouvoir de la simplicité »… Ecrire des chansons aux paroles plus « intelligentes », recherchées, me serait tout à fait possible à faire, mais ce n’est pas ce que nous souhaitons faire, on privilégie la simplicité.
MFYM : Justement vous parlez de paroles simples mais néanmoins terriblement efficaces, cela me fait penser aux Smiths, qui ont apparemment influencé votre musique et que vous évoquez régulièrement, étant moi-même un grand fan des Smiths j’aimerais savoir ce que vous appréciez particulièrement chez eux ?
J. : Je pense juste que c’est un « art band », Morrissey a écrit de superbes chansons avec les Smiths, simples et honnêtes, c’est juste de l’art ce qu’ils ont fait à mon avis.
Après on parle souvent des Smiths dans nos interviews car la majorité des gens les connaissent, mais après il y a pas mal de groupes que l’on aime plus que les Smiths, si je commence à te parler de The Wake (après quelques recherches il s’agit d’un groupe originaire de Glasgow, et non pas d’un groupe homonyme se situant plus dans un registre « punk gothique », voilà donc le bon lien : http://www.myspace.com/the_wake_ltm ), il n’y a pas grand monde qui les connaissent, et donc les gens ne comprendront pas de qui on parle, pourtant c’est un groupe que l’on a écouté et que l’on écoute dix fois plus que les Smiths.
C. : Je pense que s’il y a quelque chose que l’on aime particulièrement chez les Smiths et que l’on essaye de reproduire, c’est que lorsque tu les écoutes ou que tu regardes un live d’eux, il y a une ambiance, ce n’est pas juste ce que tu entends il y a beaucoup plus, au début j’avais du mal avec ce qu’ils faisaient, mais petit à petit on découvre cette atmosphère, ces paroles, et on sent comme un nuage au dessus de cette musique, un thème (au sens musical) abouti…
J. : Et il y a également chez les Smiths des similarités avec notre manière de voir la musique, surtout le simple fait de faire ce que tu aimes et ce que tu veux, nous ne sommes pas un groupe réactif, nous ne réagissons pas à tout ce qui ce dit autour de nous, on fait juste ce que l’on veut faire, et je pense qu’un groupe comme les Smiths n’a jamais prêté attention à ce que les gens disaient sur eux, ils ont toujours fait ce qu’ils aimaient faire, et je trouve ça vraiment génial, je souhaiterais qu’il y aie plus de groupes qui agissent de la sorte, cela donnerait sûrement de la meilleure musique, plus naturelle et spontanée, je pense que c’est notamment pour cela que Brooklyn est devenu un des centres de la musique, la plupart des groupes y font ce qu’ils aiment et reste sur cette ligne directrice. Cela n’est pas valable que pour Brooklyn il y a évidemment pleins d’autres groupes qui fonctionnent comme cela partout à travers le monde et tant mieux!
Quant à nous on veut juste faire des chansons simples et classiques, et j’ai donc réalisé des chansons que j’aime, que nous aimons, ce sont des chansons qu’on aurait voulu écouter plus jeunes, d’ailleurs les chansons que nous aimions le plus lorsque nous avions 13,14 ans sont toujours nos préférées aujourd’hui! Toutes ces musiques qui sont apparus et qui ont disparu, tous ces groupes éphémères n’ont pas eu de prise sur nous, seule la musique intemporelle nous a influencé.
Photos by Lola Mirti
Remerciements: -Jonathan et Connor pour l’interview, ainsi que les deux autres membres des Drums, Jacob et Adam pour les photos,
-Ai Linh et Michael de Cooperative Music pour leur professionnalisme et leur gentillesse.












Jeudi 08 juillet 2010 - 12:43
Sinon, des photos où on voit quelque chose, c’est possible Lola ? :)