Enfin une question de contradiction pure et simple. Question que moi même il m’arrive de me poser souvent ! Vous faîtes de la musique, fort bien, mais pourquoi ? Parce que vous aimez ça, et j’aime ce que vous faîtes. Arrêtons nous un instant et étudions le lien de causalité entre ces deux agents : Vous faîtes de la musique, j’aime ça. Et j’aime tellement ça que je veux le faire partager ( à moins que je sois d’un égoïsme important, mais on y reviendra ! ). Votre musique tourne, d’abord le bouche à oreille et internet, puis comme on aime vraiment beaucoup ce que vous faîtes, on vous accorde des articles, des interviews. Vous commencez à passer en radio, sous le nom de jeune talent, ou de découverte du moment, puis c’est la TV et les clips qui passent sur MTV ou MCM par exemple. Vous devenez célèbre, cocaïnomane, et pire que tout, pédant et imbu de vous même et la, c’est la déchéance. Vous qui composiez votre musique pour le plaisir qu’elle vous apportait, vous commencez à présent à faire de la musique qui se vend, parce que oui, vous avez besoin de sous. La coke revient cher, la villa que vous vous étiez acheté à l’annonce de votre premier disque d’or aussi. Bref, votre son n’a plus d’autre but que de plaire. Vous devenez consensuel à souhait, puant de commercialité, ennuyeux à mourir et pire que tout, vous devenez un faiseur de musique !
Cette affirmation que je vous présente n’engage que moi, mais en y réfléchissant bien, n’arrivez vous pas à la même conclusion affligeante ? Qu’apporte la notoriété ?
Raisonnons de manière inversée : N’êtes vous pas à la recherche de sons novateurs et inconnus du grand public ? Pourquoi ? Boulimie musicale ? Satisfaction personnelle à l’idée de connaitre les groupes et DJs que le monde ignore royalement ? Lassitude à l’écoute des radios qui, finalement, diffusent toujours les mêmes sons ?
Le fait de vouloir découvrir sans cesse de nouveaux artistes découle, selon moi, d’un désir de reconnaissance : quelqu’un qui aura trouvé une perle, va la faire écouter à d’autres gens, qui lui donneront ainsi leur avis, confirmant ou infirmant la qualité du son. Peu de personnes vont garder leurs découvertes pour eux, conservant jalousement les noms de leurs idoles jusque dans leur tombe…
Donc, si on pousse encore plus le raisonnement, jusqu’à tomber peut-être, dans le vice, on peut donc comprendre que la musique est un cycle, où l’artiste crée, et le public détruit. Logique ? Non, mais pourtant implacable. Je reconnais que cette théorie s’arrête face à un facteur déterminant : l’intégrité de l’artiste.
On reprend depuis le début en insistant sur ce facteur. Vous êtes un artiste, méconnu mais sûr de vous, à la limite de l’orgueil mal placé, mais vous aimez ce que faîtes et pour rien au monde vous ne changeriez ! Vous savez qui vous êtes, et la lumière des projecteurs ne vous éblouit pas. Votre single cartonne, vous signez dans une maison de disque, et faîtes comprendre à votre producteur, au risque de le perdre, que votre musique n’évoluera pas dans un sens plus consensuel. Ainsi, vous passez outre le piège qui s’ouvre sous vos pieds, et qui vous aurait ainsi fait tomber dans une immense flaque de merde. Bravo !
Mais ici, ce n’est pas aux artistes que je souhaite m’adresser, mais bien au public. Ressentez vous que la qualité de la musique que vous offrez au monde dépend de votre comportement ? Si vous ressentez, comme moi, une certaine culpabilité à l’écoute des derniers CDs d’artistes qui auparavant vous avaient séduit, alors changez de méthode. Ici, j’appelle à la discrétion et à l’égoïsme éclairé.
A bas la merde, vive la musique !











Samedi 07 août 2010 - 20:23
Je suis d’accord, reste à trouver le juste milieu entre connu et inconnu permettant à l’artiste de vivre de sa musique et donc de pérenniser son pouvoir créatif.