Play Paul
Play Paul
06/09/10 - 19:21
par Romain B.
Catégorie(s): Interviews
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The Buffalo Bunch, Ryskee sont des noms de groupes dont vous avez peut-être déjà entendu parler. Derrière ceux-ci on retrouve plusieurs artistes mais on y retrouve surtout et à chaque fois Paul De Homem-Christo. Ce nom il y a également de fortes chances que vous l’ayez entendu auparavant, sûrement précédé par un prénom différent, Guy-Manuel. Histoire de mettre les choses au point une bonne fois pour toutes, Paul De Homem-Christo est le frère de Guy-Manuel De Homem-Christo, membre des Daft Punk.

Là n’est pas la raison qui m’a amené à contacter Play Paul (qui commence d’ailleurs a en avoir relativement marre qu’on lui parle de son frère), nouveau nom de scène de cet homme aux nombreuses casquettes, à la fois producteur, DJ, ou encore chanteur de rock. Après avoir découvert son très bon dernier EP, nommé « Tijuana (Trumpets Of Lust) » et sorti au printemps dernier chez Kitsuné, j’ai remonté la discographie de Paul et j’ai également découvert grâce à son profil Facebook, un artiste abordable, sympathique et pourvu d’un humour décapant (avis aux amateurs d’humour noir, de second degré ou de jeux de mots). Voilà les raisons qui m’ont poussé à proposer une interview à Play Paul, mais à personnage atypique, interview atypique, où l’on parle d’influences, d’Ukraine, de réseaux sociaux, de pilosité, d’humour ou encore de fausse fraternité.

Music For Your Mind (MFYM): Première question, je vais essayer de faire une interview super originale, style anti-conformiste qui ne l’est pas, quelles sont tes influences hormis Damien Jean, Rosana Paris, Ysa Ferrer et Yvette Horner?

Play Paul: Megadeth, Slayer, ZZ Top, le rap français du début 90’s, l’Eurodance et les tubes 80’s. Et le tout est vrai.

MFYM: Sur ton profil Facebook (donc c’est véridique) tu nous indiques que tu es originaire de Simferopol en Ukraine, comment s’est passé ton enfance là bas? Au niveau musical, je suppose que l’émulation entre les artistes là-bas a facilité ton éclosion?

P.P.: J’ai été abandonné par mes parents à Simferopol et j’y ai grandi seul. Ce n’est pas tout à fait vrai quand tu parles d’ « émulation » car le nuage de Tchernobyl a eu raison du seul autre musicien de la ville, emporté à l’âge de 6 ans. Je réalise d’ailleurs que j’ai oublié de mentionner les chants partisans de l’Armée Rouge dans mes influences.

MFYM: Pourquoi être moustachu, ta pilosité ne te permet pas d’être barbu ou juste parce que la moustache c’est hype en 2010?

P.P.: En effet, très bien vu, ma pilosité ne me permet pas d’être barbu. J’ai beau avoir des origines portugaises, faut croire qu’elles remontent vraiment loin. En revanche, je commence effectivement à voir de plus en plus de moustaches et honnêtement, ça me fait ch*er. Y a encore quelques mois c’était assez rare et là c’est l’avalanche. Je suis pas vraiment le genre de mecs qui cherchent à être « hype », ça se saurait et au contraire plutôt. J’ai quand même eu une nuque longue pendant des années et à part à Barcelone ou à Kiev, c’était pas vraiment « hype ». Je pense surtout que la mode est la plus belle annihilation de la personnalité. Y a quelques mois j’ai vu au moins 30% des filles porter une marinière au point FMR dans la même soirée, ça rend mysogine.

MFYM: Quand on arrive sur ton myspace on tombe sur une table de mixage virtuelle, totalement interactive, c’est pour le moins original et inédit, quelle raison a cela?

P.P.: Un de mes meilleurs amis est graphiste et un webdesigner hors pair, un certain et discret Ponkrocks. Il a d’ailleurs fait la majorité de mes pochettes et logos depuis des années. Il avait développé ce système de table de mix multipistes pour le site de The Buffalo Bunch à la fin du 20ème siècle. Bien plus rapide, intuitif que d’autres plateformes dans le genre. L’idée est de faire jouer les gens le plus longtemps possible afin que la musique se grave dans leur cerveau et qu’ils deviennent accros. C’est purement commercial et promotionnel. Mais ludique !

MFYM: Toujours au niveau « réseaux sociaux », tu multiplies les jeux de mots, les blagues (plus ou moins bonnes) et réponds aux nombreux commentaires sur ton profil Facebook au lieu de publier des superbes photos de toi en studio, sur scène, et de te la jouer hautain en ne daignant pas répondre à tes « amis » Facebook. ce qui m’emmène à te demander si tu te sens plutôt musicien ou humoriste?

P.P.: Humoriste. Facebook est (pour l’instant) ce que j’ai vu de plus drôle sur le net. En effet, j’évite de me plaindre de la météo et de dire « C’est l’heure de l’apéro, LAULE ! ». Je passe effectivement beaucoup plus de temps sur FB qu’à travailler ma musique et au final, je crois bien que mes jeux de mots (plus ou moins bons, comme tu dis) me font une bien meilleure promotion que ma propre musique. Si je peux faire sourire des gens enfermés dans des bureaux et subordonnés à des sous-chefs, alors je suis content pour eux.

MFYM: Dans le monde de la nuit, t’es plus tout jeune, peux-tu nous raconter comment cela a évolué depuis que tu as commencé à mixer, fin du XIXème, début XXème?

P.P.: T’as quel âge fils ? Beh les promoteurs nous envoyait des calèches à l’auberge où l’on dormait et soupait. Puis nous trimballions des sortes de petits coffres appelés « casiers de vol » ou « flight case » en langue anglaise. Nous performions avec des disques de cire, très lourds, très encombrants. En revanche les jouvencelles savaient se tenir et ne buvaient que champagne, le petit doigt levé en jetant aux jockeys de disque quelques regards et sourires pudiques derrière leur éventail. Bref, ça se galochait pas comme des bêtes en rotant de la bière et du Red Bull. Mais quelque part, c’était ptet plus chiant, faut le reconnaître…

MFYM: Busy P, c’est ton frère? Si oui, je veux bien son contact.

P.P.: Oui. Ecris-lui à : freredeplaypaul@defpink.com

MFYM: Dis Play Paul, la musique commerciale c’est quoi?

P.P.: Je peux te dessiner un mouton si tu veux. Mon banquier te répondrait : « la musique commerciale, c’est ce que Paul n’arrive toujours pas à faire ».

MFYM: D’ailleurs, on peut dire que tu fais figure de « marginal » parmi les DJs français, est-ce qu’il s’agit d’une volonté de ta part?

P.P.: Je suis de nature indépendante et je ne suce personne. Aujourd’hui, tout n’est que connivence, encore plus qu’avant, une réalité accentuée par la crise actuelle. D’ailleurs je ne me suis jamais considéré comme « Dj ». Je n’ai jamais eu l’intention de le devenir un jour. J’ai sorti des disques, ils ont plus ou moins marché, ensuite ce sont les clubs, les promoteurs qui m’ont demandé de mixer. J’y suis pour rien tu comprends ?

MFYM: Je comprends en effet. Redevenons « corporate », après Tijuana, de nouveaux projets dans les cartons?

P.P.: Je viens de finir le nouveau single de Ryskee avec la très talentueuse Jenny Wilson en featuring. Je commence à démarcher les labels. Je bosse aussi un peu mon rock (back to the roots) et j’espère bien faire un nouveau track « tropical » très vite!

MFYM: On a tous nos problèmes personnels, mentaux,… , chez MFYM nous sommes à l’écoute, tu peux nous en parler, toute l’équipe et les lecteurs t’apporteront leur soutien dans les commentaires:

P.P.: Y’a des jolies minettes chez vous ?

Merci à Paul d’avoir joué le jeu de cette interview où le second degré est roi. Et puisque qu’on ne parle pas beaucoup de musique ici, je vous invite à découvrir ce que fait Play Paul sur son MySpace.

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