Teki Latex
Teki Latex
21/11/10 - 20:54
par Romain B.
Catégorie(s): Interviews
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Teki Latex, anciennement membre influent de TTC,  désormais DJ, producteur, directeur artistique de label, a déjà posé depuis quelques années son empreinte sur la musique dite « Alternative » en France mais également en Europe. Jamais avare niveau « promo » il nous a accordé une courte (mais néanmoins riche) interview, où il revient sur certaines rencontres marquantes, sur les deux labels auprès desquels il joue un rôle, ou encore sur la vision qu’il a de la musique électronique.

Music For Your Mind: Comment Julien Pradeyrol devenu Teki Latex, membre de TTC, groupe de Hip-Hop qui a connu un très joli parcours notamment au début des années 2000, a été amené à rencontrer Para One? Modeselektor? Et globalement, comment t’es-tu retrouvé en plein coeur de la scène électronique, en arrivant du milieu « Hip-Hop »?

Teki Latex: J’ai rencontré Para One par l’intermédiaire d’un label parisien qui nous avaient associés le temps d’un morceau pour une de ces mixtapes qui ont fait les beaux jours du rap français, c’était en 2002 ou en 2003.

Para faisait des sons de rap mais aussi des morceaux instrumentaux un peu expérimentaux qu’il comptait sortir tels quels parce que tous les rappeurs de son entourage trouvaient cela « inrappable ». Avec TTC on avait justement envie de rapper uniquement sur ces morceaux là.

Nous sommes très vite devenus amis et nous avons évolué ensemble vers la musique électronique, sous l’influence de gens de notre entourage qui en écoutaient beaucoup, notamment JR qui est devenu par la suite l’un des piliers d’Institubes, de gens comme Etienne Menu, aujourd’hui journaliste, et Out One qui était déjà un gros fan de house.

On a aussi évolué en fréquentant des clubs parisiens comme le Rex, le Pulp, et le Batofar de l’époque, très différent de celui d’aujourd’hui. Feadz qui était très présent dans ce circuit là et que nous connaissions via Tacteel, nous a un jour fait découvrir le label Bpitch Control, sur lequel il était signé.

Lors de notre premier concert à Berlin, vers 2003, sur ses conseils nous sommes allé chez le mythique disquaire Hard Wax, temple de la techno berlinoise, et derrière le comptoir nous avons reconnu Gernot de Modeselektor dont nous étions déjà très fans. Nous avons échangé de la musique avec lui et très vite nous nous sommes retrouvés a faire de la musique ensemble.

MFYM: En plus de ton histoire avec TTC, de ta carrière de producteur, DJ,… tu joues également un rôle important dans les labels Institubes et Sound Pellegrino, que tu as créé en collaboration avec d’autres artistes, et que tu diriges encore. Pourrais-tu définir la philosophie de ces deux labels, ainsi que ton rôle concret dans ceux-ci?

T. L.: Institubes c’était une manière pour nous de sortir des disques de gens de notre entourage dons nous étions absolument fans et dont nous jugions les travaux absolument indispensables au bon fonctionnement de l’humanité.

Sound Pellegrino c’est à peu près pareil sauf qu’aujourd’hui c’est vraiment la musique de club qui nous excite, et je dirais que la ligne directrice est plutôt de sortir des morceaux que nous jugeons indispensables, plutot que des artistes. Chez Sound Pellegrino ce sont les tracks qui nous intéressent, nous ne signons pas d’artistes, les producteurs qui sortent chez nous ont souvent une carrière sur un autre label, ils sont libres d’aller où bon leur semble, ça correspond aussi à la dynamique de l’industrie musicale d’aujourd’hui.

MFYM: Après l’explosion d’un mouvement électronique mené par toute l’équipe Ed Banger avec dès 2005/2006, Justice, Sebastian, Mr Oizo, ou encore par Boys Noize, et plus récemment par des italiens comme les Crookers ou les Bloody Beetroots, on remarque ces derniers mois une certaine lassitude vis à vis de cette mouvance, et un retour en force de l’électro minimaliste, de la techno « berlinoise » ou encore de la chillwave. Quel vision as-tu de ce retournement de situation? Et quel va être selon toi l’évolution de la musique électronique dans les mois à moyen terme?

T.L.: Ces derniers mois? En ce qui me concerne et selon ce que je remarque autour de moi, ça fait déjà plusieurs années qu’il y a un ras le bol de la saturation à toutes les sauces. Mais enfin moi j’ai vécu ça comme une vague. On a commencé à s’intéresser à la techno avant que la saturation soit à la mode, précisément à une époque où tu avais d’un côté les trucs expérimentaux et cérébraux à la Warp et de l’autre les trucs dancefloor un peu rétro de l’époque, la vague « electroclash » et les trucs très droits et massifs à la Vitalic. Puis il y a eu toute l’histoire de la french touch 2.0.

Après, le fait est que dans notre entourage on était surtout des gars du rap, donc toute cette histoire de distorsion c’était cool mais c’etait un peu trop un dérivé du rock pour complètement monopoliser notre attention. On était tout autant touchés par l’émergence de la dance music du ghetto, l’explosion de la baltimore, du baile funk, le fait que le net donne accès à la musique qui est jouée dans les clubs d’afrique du sud ou du mexique.

La musique électronique évolue tout le temps il suffit de s’intéresser un peu à ce qui se passe autour de soi pour s’en rendre compte. Tout est fragmenté en micro-scènes alors peut être que d’un côté tu vas avoir des aficionados du son berlinois qui vont revenir à la minimale, mais d’un autre côté tu as aussi des types qui n’en ont rien à foutre et qui ne jurent que par la cumbia digitale.

Il y a du bon partout et je pense que le futur c’est de se rendre compte de ça plutôt que d’être enfermé dans une seule direction. Un vrai bon DJ arrive à trouver un fil conducteur entre plein de morceaux de plein de styles différents pour provoquer des émotions chez les danseurs, c’est ce qui nous intéresse.

MFYM: Outre ces changements musicaux on entend de plus en plus le terme « Hype ». Il est partout, veut tout et rien dire à la fois. Quel est ton opinion concernant ce phénomène?

T.L.: Est-ce qu’on peut enterrer ce mot atroce une bonne fois pour toute?

MFYM: Pour clore cette interview peux-tu nous donner tes derniers coups de coeur artistiques ou découvertes musicales?

T.L.: Il faut écouter notre dernier mix tout est dedans:

http://www.mixcloud.com/soundpellegrino/sound-pellegrino-thermal-team-post-time-travel-nosebleed/

Retrouvez Teki Latex, le Samedi 27 Novembre au Bindy Club de Pau pour la soirée Ultra #2

Remerciements: Julien (Teki Latex),  et surtout à Alex (Bindy Club) qui a rendu cette interview possible.

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