L’internet nous fait découvrir beaucoup d’artistes à notre époque. Trop même. Du coup on a un peu de mal à s’y retrouver. Heureusement, il y a quand même quelques pépites qui sortent du lot. Les Odd Future en font partie. Avec une moyenne d’âge de 19 ans, ce collectif est surement l’un des plus prometteurs de cette année. La plupart du temps comparé au Wu-Tang, ces mecs de L.A nous livrent un rap honnête, sauvage et obscur. Et tout cela gratuitement. Flavor Flav, tu es un papy
Nourris au skate et au bacon, les Odd Future ont plusieurs flèches à leur arc. Non content d’avoir créé une marque de vêtements, d’alimenter un blog avec de belles photos personnelles, ils ont aussi une websérie en projet. En plus de cela, ils ont une trentaine de mixtape à leur actif, des projets solos, etc… Le plus déconcertant, c’est que lorsqu’ils font quelque chose, ils le font bien. Ici, on ne juge pas des gamins mais des rappeurs.
A la tête de ce crew, Tyler, The Creator. Avec une voix à en faire palir Dark Vador, ce mec est capable d’envoyer un beat aux abysses en 3min30. Son album, Bastard, en est l’exemple même. Odd Future, c’est aussi Earl Sweatshirt, 16 ans, mystérieusement disparu. Camp de redressement, prison,… toutes les rumeurs sont possibles.
Loin des « biatchs » à foison, des dollars apparents et du culte de leurs corps, Left Brain, Domo Genesis et les autres foutent la merde dans le monde de la raposphère. Et tant mieux. Kid Cudi, tu es un rigolo.
Un malicieux mélange entre N*E*R*D, Antipop Consortium, Wu-Tang et Wacka Flocka pourrait peut-être qualifié leur univers. Un univers sombre, a base de boucles lancinantes de synthé, de beats lourds et de voix hantantes. A en écouter les journalistes, leur musique se rangerait dans l’horrorcore, bien qu’ils déstestent ça. C’est principalement Tyler qui s’occupe des productions, à base de « Fruity fucking Loops » et Logic. En plus de cela, étant dans une école de cinéma, il fait aussi la plupart des clips du crew.
Leur première sortie date de 2008. La Odd Future Tape nous introduit, dès l’intro, dans leur univers cinglant. C’est avec un flow nonchalant et des beats aux sonorités DIY que le crew fera ses premiers pas dans le milieu.
Arrive ensuite l’album Bastard, celui du cerveau de la bande, Tyler, mis en ligne au début de l’an dernier. Le premier morceau serait « joué par le diable avant d’aller se coucher« , annonce ce dernier. Ponctué par quelques tracks qui nous laissent entrevoir la lumière, Bastard est l’album que vous emporterez au pays de Lucifer.
Quelques temps après, c’est le petit frère du « créateur » qui marque la blogosphère avec son album éponyme, Earl. On reconnaît la patte de Tyler dans les instrus, basses lourdes et beats crades, sur lesquelles vient se poser la voix gutturale du jeune rappeur.
Ames sensibles s’abstenir
« EARL » /// Music Video. from AG Rojas on Vimeo.
J’allais oublier la seconde tape du crew, Radical. Contrairement aux autres sortie de la bande, celle-ci explore un spectre d’ambiances plus large, nous faisant, parfois, presque danser. Alors que Tyler nous fait flipper avec Oblivion et Splatter, Earl et Wolf Haley demonte un beat de Gucci Mane. Pendant ce temps là, Domo Genesis se présente sur un beat qui pourrait rappeler Dead Prez. Inspirez ensuite une certaine dose de THC et vous planerez sur Everything That Yours avec Mike G. Bien que complètement inégale, Radical ne vous laissera pas indifférent.
Tweetés par GZA, supportés par Flying Lotus, les Odd Future se créent sérieusement un nom dans le milieu. Une vie à l’instar d’un film de Larry Clark, des clips trash, alimentant le buzz de semaines en semaines. Ces mecs recréent le hip-hop. Oubliez la subtilité, ils le font avec un gros coup de pied. Un coup de pied qui risque de marquer notre époque. Controversés, provocateurs, icônes, ou simple effet de mode, quoi qu’il en soit les Odd Future sont à suivre de très près. Des choses risques de se passer.












